Sécurité en Mauritanie

Interview du Général Marc Foucaud | Mauritanie

Le général de division Marc Foucaud, est un fin connaisseur de la situation sécuritaire dans la bande sahélo-saharienne depuis sa prise de commandement de l’opération militaire Serval (août 2013-2014) au Mali et son implication dans l’opération Barkhane. Parallèlement, Il a aussi assuré le contrôle opérationnel de la force Épervier, au Tchad.
Il se livre ici au journaliste Xavier Frère sur la situation en Mauritanie et de la relance du tourisme.

<< Il faut associer sécurité et développement >>

 

Quand on parle terrorisme dans la bande sahélo-saharienne, on évoque rarement la Mauritanie ?
Si on n’en parle pas, c’est que cela se passe plutôt bien. La Mauritanie a été confrontée au terrorisme jusqu’en 2012.
Le Président a investit dans tout l’appareil sécuritaire. C’est un pays qui a remonté son armée grâce à ses amis, dont la France. Il a mené une stratégie globale de lutte contre le terrorisme, associant à un volet sécuritaire une partie développement, idéologique, en utilisant des repentis. Les mauritaniens communiquent peu, même sur leur réussite en termes de dé-radicalisation. Les islamistes étaient aux portes du pouvoir. I existe une vraie volonté politique: tout n’est pas parfait, il y a encore beaucoup de choses à faire, mais il y a une maîtrise de la sécurité.

Qu’est-ce qui vous a réuni avec le projet Point-Afrique ?
Le projet qui m’anime avec Maurice Freund comprend tout un volet développement pour la population, avec le retour des touristes responsables. Avec le tourisme qui revient dans l’Adrar, c’est la population arrive à vivre de manière autonome. Pendant les dix dernières années, elle a énormément souffert.
La pauvreté peut constituer un terreau favorable pour des jeunes dans la mauvaise direction. Confrontée à des problèmes économique, la Mauritanie veut diversifier ses activités: le tourisme en fait partie. Quand on voit le potentiel de l’Afrique de l’Ouest notamment, nos entreprises ont leur place. Pour cela, il fallait la sécurité et on a réussi à faire évoluer la carte sécuritaire de la Mauritanie au sein du Ministère français des Affaires Etrangères. Ce n’était pas gagné d’avance, ça a été une affaire collective, y compris avec les mauritaniens.

La Mauritanie peut-elle donner l’exemple à toute une région ?
Ce retour, elle le voit comme un véritable symbole. Il y a déjà l’Africa Race (janvier 2018) qui rassemble 700 concurrents. Pour ce pays, c’est la reconnaissance des efforts qu’ils ont faits. Ils ont réussi dans ce combat contre les terroristes. Nous sommes allés voir in situ… On a scanné le dispositif actuel, de grands moyens ont été mis en place pour former une bulle sécuritaire. les voyagistes ont accompagné le projet. J’espère que l’opération Point-Afrique ouvrira la porte aux autres, mais Maurice Freund a une longueur d’avance sur tout le monde là-bas. C’est une année d’essai, de retour, les gens sont un peu dubitatifs pour l’instant. Chaque pays du Sahel est différent mais la Mauritanie montre que c’est possible. On ne résout pas une crise uniquement avec un volet sécuritaire, et les premiers à le savoir sont les militaires.

Interview réalisée par Xavier Frère, tirée du journal le Républicain Lorrain du dimanche 17 décembre 2017.
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